Sauternes
Les Cépages traditionnels
Le sémillon
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Le sémillon est un cépage très fructifère, à condition que les gelées printanières ne troublent pas son débourrement hâtif. Les feuilles sont plutôt grandes, épaisses, quinquelobées (avec une tendance à l'aspect global trilobé), de couleur vert pâle à la face supérieure et légèrement duveteuses à la face inférieure. Le débourrement produit des folioles colorées. Les sarments sont légèrement aplatis, couleur acajou. La grappe est serrée à grains arrondis, d'une teinte dorée et d'un goût délicat. Le sémillon supporte très bien la taille courte; nous en dirons quelques mots plus loin. |
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Le sauvignon blanc
Le sauvignon blanc est assez fertile quoique un peu sujet à la coulure. Il est équivalent au Feigentraube des Allemands, terme qui signifie " raisin-figue " et se rapporte a la saveur sucrée du raisin, qui est comparable à celle d'une figue sèche. On remarquera aussi que le sauvignon est relativement moins sujet au botrytis que le sémillon, sans doute à cause de l'épaisseur de sa peau. Les raisins de sauvignon ont donc une tendance naturelle au passerillage plutôt qu'à la " pourriture noble ". Je suis tenté de rapprocher le terme allemand " raisin-figue " des Passariae ficus qui étaient les " figues sèches " chez les Romains de l'Antiquité. Les feuilles du sauvignon sont petites, épaisses et trilobées, d'un beau vert foncé à la face supérieure, tomenteuses à la face inférieure. Les sarments sont solides, de couleur cannelle tachée de brun. Le débourrement est unicolore. Ce cépage affectionne les terrains caillouteux, argileux et légers, supportés par un sous-sol calcaire. Sa maturité est plutôt tardive. Il est donc bien adapté aux terroirs du Sauternais et peut, lui aussi, être conduit en taille courte. |
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La muscadelle
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La Taille
En résumé succinct, il y a deux sortes de tailles : la longue et la courte. La première tend à produire davantage de raisins, souvent au détriment de la qualité, tandis que la seconde est austère en quantité mais génératrice de qualité. Entre " long " et " court " il y a de multiples mesures. Une chose est certaine, c'est que être taillée chaque année.
Aujourd'hui, plusieurs viticulteurs du Sauternais procèdent à
la taille dite " Guyot simple ". La vraie, la seule taille
traditionnelle des grands crus à vins liquoreux est la taille " à côts ". Elle élimine tous les bois de l'année
végétative précédente, ne retenant que deux
ou trois moignons coupés très court et porteurs chacun de
deux ou trois " yeux " d'où repartiront les sarments
fructifères du nouveau millésime. En principe, cette école
devrait être partout respectée, car elle est l'une des conditions
premières de la plus grande qualité. Le sémillon,
très productif, a tout intérêt à être
taillé de cette façon, qui correspond aux usages loyaux
et constants de l'appellation. Le sauvignon, quant à lui, s'accommode
bien de la taille Guyot. Dans la pratique, il est assez rare que cette
distinction soit faite, chaque viticulteur optant, la plupart du temps,
pour un seul modèle de taille. Un vignoble sur lequel on ne pratique
que la taille Guyot risque fort d'être surproductif. Cela veut dire
que ses vins ont de fortes chances d'être des " sauternes
pâles ". Et n'oublions pas la vieille sagesse paysanne
: " Élever la vigne, c'est la vieillir; la rabaisser, c'est
la rajeunir. "
(cf : décret de règlementation
de la taille)






La
muscadelle tempère par sa sève et sa douceur ce que le sauvignon
et le sémillon pourraient avoir de trop " chaud et vigoureux ". Sa maturité est hâtive. Elle est sujette à
la coulure et très sensible à la pourriture grise. Cela
signifie que le botrytis ne lui réussit pas toujours bien. Elle
se présente avec des feuilles quinquelobées, grandes et
épaisses, qui ont un aspect assez voisin de celles du sémillon.
Les sarments sont gros et moins aplatis que chez ce dernier. Malgré
son nom, son parfum " muscaté " est
davantage une idée qu'une réalité. On la rencontre
en plus grande quantité à Monbazillac qu'à Sauternes.
Elle apporte à une cuvée c'est-à-dire à l'assemblage
des trois cépages dans un vin unifié sa personnalité
marquée, un peu excessive et vulgaire si la proportion en est trop
forte. Plusieurs viticulteurs ne la retiennent pas dans leurs plantations,
lui reprochant sa fragilité et son style aromatique du genre " patchouli ". A petites doses, elle donne cependant une touche
originale à l'union sémillon-sauvignon, qu'elle complète
par une sorte de " coquetterie ". 
C'est
une répartition classique qui convient à la plupart des
terrains de la région. Mais, en cette affaire, il s'agit de goût,
sinon de couleur, encore que je vous parlerai bientôt des " Sauternes pâles ", qui sont une autre histoire... Une
histoire qui commence à la taille. Pas celle de la jolie vendangeuse
; celle de la vigne.
MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE